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Construction en bois et développement durable

Le développement durable est défini comme un “développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre ceux des générations futures". Ses trois grands principes sont : la prise en considération du cycle de vie complet des matériaux, le développement des énergies renouvelables pour réduire l’utilisation des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) et l’utilisation rationnelle de l’énergie.
Adhérer aux principes de développement durable implique avant tout une prise de mesures dans des domaines où elles sont les plus porteuses. La Commission européenne a souligné à juste titre la contribution essentielle du secteur du bâtiment, où des économies substantielles en matière de consommation d’énergie et de pollution sont réalisables à court terme.
Cependant, pour tendre vers une "construction durable", il faut ajouter à ces questions énergétiques beaucoup d’autres domaines de l’habitat, également repris dans le Plan fédéral belge pour le développement durable, notamment : la réduction de la consommation d’eau dans les ménages, la réduction de la production de déchets et leur tri, …
Le contexte actuel nous invite à adopter une attitude écologique citoyenne dans notre art de construire et d’habiter. Un habitat tourné vers l’avenir est un habitat intégré, conçu de manière réfléchie, qui laisse une place de choix à l’usage de matériaux sains et respectueux de la nature tels que le bois, à l’utilisation rationnelle des énergies, préférentiellement renouvelables, ainsi qu’à la consommation modérée et au traitement de l’eau.
En matière d’environnement, la conception même de notre habitat a un rôle essentiel.
De tous temps, le bois a accompagné l’homme : il l’a protégé, il l’a chauffé et il s’est surtout révélé être un matériau de construction efficace. Plusieurs civilisations l’ont d’ailleurs largement mis en oeuvre, assurant la transmission d’un savoir-faire et d’un patrimoine architectural riche et varié.
L’histoire de la construction en bois offre de multiples facettes, tant sur le plan de l’architecture civile que sur ceux du génie civil, de la construction navale ou de la mécanique ; pourtant, ce matériau a été progressivement délaissé au cours de ces trois derniers siècles.
La prise de conscience actuelle des problèmes environnementaux tend à revaloriser le bois comme matériau de construction respectant les conditions et les exigences d’un développement durable.
Cette ressource, cadeau de la nature, est disponible en abondance : puisqu’elle est produite à chaque seconde par les forêts, c’est notre seule matière première renouvelable à l’échelle humaine.
Le récent retour à la construction en bois constaté en Europe trouve ses principales sources en Allemagne, en Autriche, en Suisse et en Scandinavie. Historiquement, la technique du bois était prépondérante dans ces pays. Les bâtisseurs sont restés fidèles au bois tout en lui conférant un caractère contemporain et innovant.
A l’instar de ses voisins européens, la Belgique a suivi cette impulsion, rendant au bois toute sa noblesse au travers d’une recherche architecturale pour un habitat de qualité. L’utilisation du bois, ressource largement disponible, comme matériau de construction, est une démarche en phase avec la philosophie du développement durable : ce créneau commercial de valorisation du bois motive les propriétaires à donner une plus-value à leurs terres soit en plantant des arbres, soit en entretenant leurs forêts.
Une telle attitude favorise donc le développement et la gestion durable des forêts et entraîne une augmentation de la réserve mondiale de carbone fixé sous forme solide dans ces “puits de carbone”. D’autre part, le CO2 immobilisé sous forme solide à très long terme (à raison d’environ une tonne par m³ de bois) dans une construction en bois ne participe plus à l’effet de serre.
Pour la construction d’une maison en bois, environ 0.2 m³ de bois ou de matériaux dérivés du bois sont nécessaires pour 1 m² de surface habitable.
Sachant que l’accroissement moyen des forêts nordiques correspond à 3000 m³ par heure, on peut en déduire qu’il est possible de fabriquer plus de 850 000 maisons de 150 m² par an, tout en préservant le capital bois.
Environ 227 000 maisons du même type pourraient être réalisées en Suisse chaque année : en effet, la forêt suisse produit 777 m³ de bois par heure. Quant à la Belgique, son accroissement forestier annuel est 342 m³ par heure, ce qui serait équivalent à une production annuelle de 100 000 maisons de 150 m² de surface habitable.
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